dimanche 6 mars 2016

Paysage wickussien


Wickus, là où le temps n'a aucune prise. Là où toutes les jeunes filles sont tristes et exagérément maigres. Exagérément maigres et exagérément belles. Là où tinte la nature tout alors que perlent les larmes aux coins des grands yeux clairs. Paradis et enfer tout à la fois. Peinture sublime et malodorante. Fleur du mal. Diabolique. Cité du vice. La face toute pâle. Le nez rouge. Les longs cheveux sales aux reflets verts. Là où sale est presque une couleur. Un noir et blanc qu'on voudrait nettoyer. Auquel on voudrait goûter. Qu'on voudrait embrasser et aimer. Une couleur décolorée. Une maladie saine. une raison folle. C'est tous les oxymores du monde.  De la rue mais de bonne famille. Peinture à l'encre. Soufre de glace. Orage impassible. Beau ciel bleu qui gronde. En manque d'âmes mais où nul n'est bienvenu. Fraîche et usée. Immature et responsable. Bouc émissaire innocente. Discrète et scandaleuse. Détruite avant même d'être construite. Fragile mais d'une solidité qui semble à toute épreuve. Logique paradoxale. Pitoyable et admirable. Adorable et pathétique. Parce que pathétique. Marginale intégrée. Arène où luttent des fauves enragés, tel un océan déchaîné, pour divertir un public absent. Fées perdues dans une jungle de béton. Mystique et animale. D'apparence sereine mais en perpétuelle éruption. Occidentorientale. Sombre et lumineuse. Transcendance dans l'abîme. Traversée par un fleuve de lait dont elle se délecte. Monts et plaines s'y succèdent tel un rythme cardiaque irrégulier.

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