Wickus,
là où le temps n'a aucune prise. Là où toutes les jeunes filles sont tristes et
exagérément maigres. Exagérément maigres et exagérément belles. Là où tinte la
nature tout alors que perlent les larmes aux coins des grands yeux clairs.
Paradis et enfer tout à la fois. Peinture sublime et malodorante. Fleur du mal.
Diabolique. Cité du vice. La face toute pâle. Le nez rouge. Les longs cheveux
sales aux reflets verts. Là où sale est presque une couleur. Un noir et blanc
qu'on voudrait nettoyer. Auquel on voudrait goûter. Qu'on voudrait embrasser et
aimer. Une couleur décolorée. Une maladie saine. une raison folle. C'est tous
les oxymores du monde. De la rue mais de
bonne famille. Peinture à l'encre. Soufre de glace. Orage impassible. Beau ciel
bleu qui gronde. En manque d'âmes mais où nul n'est bienvenu. Fraîche et usée.
Immature et responsable. Bouc émissaire innocente. Discrète et scandaleuse.
Détruite avant même d'être construite. Fragile mais d'une solidité qui semble à
toute épreuve. Logique paradoxale. Pitoyable et admirable. Adorable et
pathétique. Parce que pathétique. Marginale intégrée. Arène où luttent des
fauves enragés, tel un océan déchaîné, pour divertir un public absent. Fées
perdues dans une jungle de béton. Mystique et animale. D'apparence sereine mais
en perpétuelle éruption. Occidentorientale. Sombre et lumineuse. Transcendance
dans l'abîme. Traversée par un fleuve de lait dont elle se délecte. Monts et
plaines s'y succèdent tel un rythme cardiaque irrégulier.

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