dimanche 6 mars 2016

Poème wickussien



Entre les murs est le poète,
Elle est captive comme lui.
Les âmes, sœurs, ne se répondent,
Sont perdues dans leur cécité.

Elles ne sont pas vraiment sœurs,
Ces âmes sont même étrangères.
De loin, l'une entraperçoit l'autre,
Le ramoneur et la bergère.

Voilà le roi au large sceptre,
Géant massif et conquérant.
Le ramoneur plie le genou
Face à l'homme fier, arrogant.

La bergère garde moutons,
Semble sombre et leur laine est noire.
Les ténèbres sont sa maison,
Sa destination, l'abattoir.

Le ramoneur va, le roi vient
Et l'âne sera mort demain.
Il quitte la foi comme un port
Où sa femme attend dans la mort.

Marin dans les mers déchaînées,
Et parrain de la Mère aînée,
Père de tous les petits peuples,
Esclave de l'enténébré.

L'un est dans les eaux, l'autre en croix
D'où son esprit s'est évadé,
Mais son corps est resté cloué.
Le caniveau du Golgotha,

Antre infernale de Barbe-Bleue,
Où se rencontrent les cadavres
Des idées pourrissantes un peu,
Et corps en forme de mouchoirs.

Il est temps de conclure ici
Cette affreuse toile infernale,
Derniers coups de pinceaux précis,
Détails de cette face pâle.

Petite, frêle et adorable,
Doigts tremblotants et yeux marrons.
Tête de poupée, cheveux sales
Et tatouage de dragon.

Louis-Egoïne de Large, 31 janvier 2014

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